Novembre 2019 – La Toussaint – Réflexion du mois par Bernadette Chovelon

En 1909, lors d’un voyage touristique à Beaune avec son mari, Elisabeth a rencontré  une petite fille agonisante. Très impressionnée, elle lui a parlé et lui a demandé ce qui lui ferait plaisir. La petite fille lui a répondu : « recevoir des cartes postales ». C’est ce qu’Elisabeth a fait.
Peu de temps après, la religieuse inconnue qui s’occupait de cette petite fille a écrit à Elisabeth pour l’avertir de sa mort. Elisabeth a répondu et une correspondance très spirituelle s’est établie entre ces deux femmes qui ne se connaissaient pas et qui ont partagé pendant plusieurs années une communion spirituelle et intime. Il s’agit de Sœur Marie Goby. Leur échange de correspondance a été publié en 2012 par les éditions du Cerf sous le titre : Lettres sur la souffrance. Des extraits de cette correspondance, signés Elisabeth, évoquent la Toussaint et la Fête des Morts. »

Bernadette Chovelon, auteur de la biographie : Elisabeth et Félix Leseur , itinéraire spirituel d’un couple, publiée par les éditions Artège en 2O15.

28 octobre 1911
« Durant les journées qui approchent , nos âmes seront bien unies, ma chère sœur et amie ; elles iront ensemble vers le ciel si désiré, vers les âmes saintes ou chères qui le peuplent et que nous connaîtrons ou retrouverons un jour, vers le Maître béni, centre et joie de ce ciel, vers la sainte Vierge que nous aimons si filialement toutes les deux ; nous penserons au bonheur qu’il y aura   pour toutes deux, après les ombres et les souffrances de la terre à être réunies pour toujours dans cette plénitude de vie, de lumière et d’amour que Dieu nous prépare et qu’il nous aidera à atteindre[…]
Nous penserons ensuite dans la même union de cœur aux pauvres âmes du purgatoire, à celles qui nous sont particulièrement chères. J’aime ces deux fêtes de la Toussaint et des Morts ; elles réalisent admirablement cette Communion des Saints si consolante et belle. »

7 Novembre 1911
« Durant ces jours de la Toussaint et des morts, j’ai prié pour vos chers défunts, pour votre père. J’aime, au point de vue spirituel, ce mois de novembre où l’Eglise semble se pencher plus maternellement vers ses enfants malheureux, où la Communion des Saints se fait plus active et plus douce. En dehors de mes prières pour l’Eglise et les âmes en général, celles qui me sont chères ou confiées, j’aime tout particulièrement prier pour les âmes du purgatoire, pour les agonisants et aussi pour les prêtres : leur multiplication et leur sainteté.
Comme vous parlez bien de cette douce patrie du ciel : parfois j’en ai très soif, puis je me dis qu’il faut être souple aux mains de la providence, tout abandonnée au bon maître et que ce qui vient de Lui est bien : joies et souffrances, maladie et santé, vie ou mort ; nous savons que viendra cette heure bénie où nous  entrerons dans la demeure du Père de famille, où nous nous reposerons du labeur passé sur le cœur de Jésus, où nous jouirons pleinement de ceux que nous aimons et des âmes saintes de tous les temps, où nous aimerons, nous contemplerons, nous connaîtrons, et cela sans fin . Comme toutes les misères de la vie paraissent petites en face de cette grande vision, comme toutes les ténèbres de la terre semblent peu épaisses à cette radieuse lumière du ciel !

Octobre 2019 – Réflexion du mois

Cet été, nos réflexions mensuelles nous ont manqué, mais nous avons profité d’un repos bien mérité. C’est le premier mois d’octobre, depuis quelques années, où nous ne seront pas en France à travailler sur la cause d’Elisabeth. Nous continuons de prier pour que soit révélée la volonté de Dieu en ce qui concerne la Cause. Prier sur la tombe d’Elisabeth va me manquer. Lorsque je prie Elisabeth, je m’imagine souvent devant sa tombe et je médite sur les mots qui y sont inscrits, « In Cruce Vita » (Sur la Croix est la Vie). J’ai particulièrement réfléchi à ces mots alors que beaucoup de nos supporters et moi-même éprouvons d’importants problèmes de santé. Elisabeth a souvent écrit qu’elle s’unissait à Dieu dans toutes ses souffrances et surtout ses souffrances physiques. J’ai récemment emprunté les paroles suivantes d’Elisabeth pour mes propres prières et je souhaite les partager avec vous pour la réflexion de ce mois.

9 janvier 1914
« Six mois de souffrances : souffrances aiguës du corps, souffrances de l’âme, privations de toutes sortes, humiliations et peines multiples. Oh ! Du moins que ce soit une divine réponse, n’est-ce pas. Seigneur ? Et que pas une parcelle de ma douleur ne soit perdue ; plus forte que ma pauvre action, plus forte que mon imparfaite prière, qu’elle pénètre jusqu’à votre Cœur et devienne la plus efficace supplication. Ne tardez plus ; exaucez, mon Dieu, ces désirs que Vous connaissez bien. Donnez un grand et chrétien bonheur à ces enfants bien-aimés et sanctifiez-les tous. Accomplissez vite les intimes conversions et les profondes sanctifications que j’attends de votre grâce. Rapprochez de mon âme les âmes qui me sont chères, celle qui m’est plus chère que toutes, et mettez fin à cette douloureuse solitude d’esprit qui me pèse tant. Et puis sanctifiez-moi aussi par toute cette souffrance, rapprochez-moi de votre Cœur et apprenez-moi à Vous mieux aimer et à Vous mieux servir.
Je prends la résolution (et pour cela j’implore la grâce divine) de ne plus céder dans l’avenir aux défaillances que j’ai connues aux heures pénibles, d’être constamment douce, humble, pleine de charité. Aidez-moi, mon cher Sauveur. »

été 2019 – Réflexion par France Roseau

Comme nous l’avons souvent écrit, nous avons formé au fil des ans beaucoup de nouvelles amitiés avec les supporters d’Elisabeth, ceci à travers de courts emails. Il y a environ 18 mois, nous avons reçu un email de France Roseau, une femme qui habite tout près de la tombe d’Elisabeth. Nous avons échangé quelques emails et nous nous sommes finalement retrouvés auprès de la tombe d’Elisabeth en octobre 2017. Lors de cette première rencontre, Joe et moi avons rapidement découvert à quel point notre connaissance du français était limitée, et nous avons eu la chance que deux des enfants de France puissent nous rejoindre pour déjeuner. Ce déjeuner a marqué le début d’une merveilleuse amitié et a été suivi de nombreux emails et appels téléphoniques. Nous avons demandé à France si elle voulait bien écrire une réflexion que nous pourrions partager pendant cette période estivale.

Alors que l’été débute, avec lui s’annoncent les vacances, repos bien mérité, et aussi les opportunités de rencontres nouvelles ou familiales. Parmi ces personnes rencontrées, certaines nous sembleront bien proches par la foi, par les idées, par la charité… D’autres au contraire bien éloignées et de nous et de l’Eglise. Dans cette dernière perspective, ces pensées d’Elisabeth Leseur retiennent mon attention :
« Montrons donc un peu d’indulgence […] pour l’incroyable légèreté d’esprit de tant d’êtres […]. Efforçons-nous de parler la  langue qu’ils peuvent comprendre […]. Dieu n’a-t-Il pas agi de même envers nous […] ? » Journal première partie, 18 octobre 1904, p. 113 *
« Les âmes les plus ruinées en apparence ne sont pas toujours celles que la divine parole atteint le moins ; lorsque le bois est mort il suffit d’une étincelle pour faire jaillir une grande flamme. » Pensées de chaque jour, 1899-1906, p. 298 *
Essayons d’être entre les mains de Dieu cette petite flamme pour les autres pendant ces mois d’été.
Le meilleur moyen ? Cette dernière pensée nous le dit : en toute circonstance il nous faut nous effacer au grand moyen de la prière pour laisser la place à Dieu :
« Ayant Dieu en nous, nous ferons sûrement l’œuvre de Dieu, ou plutôt Il la fera Lui-même par nous et mieux que nous. » Pensées de chaque jour, 1899-1906, p. 302 *
C’est ce que je souhaite à chacune et à chacun d’entre nous pour ces mois d’été… Belles rencontres et bon repos à tous !

* Les citations d’Elisabeth sont extraites de l’ouvrage « Journal et pensées de chaque jour », J. de Gigord, Editeur, 1924.
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France de GOUVELLO est née à Berlin dans une fratrie de huit enfants dont le père est officier. Après plusieurs déménagements entre la France et l’Allemagne la famille s’installe en région parisienne. Après 20 ans de carrière comme ingénieur, France enseigne maintenant la physique et la chimie dans les établissements catholiques sous contrat en région parisienne. Elle est mariée depuis plus de 27 ans à Jean-Luc ROSEAU. Ils ont cinq enfants. Ils sont rattachés tous les deux spirituellement à l’abbaye bénédictine de Notre-Dame de Randol. C’est un moine de cette abbaye qui a fait découvrir à France la vie d’Elisabeth Leseur au travers du livre de Bernadette Chovelon. France habite à proximité de la sépulture actuelle d’Élisabeth ; elle y a mis une plaque pour la rendre visible et la visite régulièrement.
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Juin 2019 – Réflexion du mois par Joe MacNeil – Aimer est tout

Joe est mon soutien primordial pour tout ce qui concerne Elisabeth, depuis que les paroles de celle-ci nous ont accompagnés en Terre Sainte en 2016. Joe prend grand soin d’ELCause.org, et est également le premier à écouter patiemment toutes mes idées sur la cause. Il y a quelques jours, il a indiqué qu’il aimerait rédiger une réflexion, que je suis très heureuse de partager aujourd’hui.

Lorsque Jennifer et moi recherchions une citation d’Elisabeth Leseur à imprimer sur la première carte de prière que nous souhaitions créer, nous avons choisi les mots suivants:

Penser est beau,

Prier est mieux,

Aimer est tout.

Cela reste ma citation préférée d’Elisabeth. Mais en y réfléchissant au cours des dernières années, je me suis rendu compte que, sous sa brièveté semblable à celle du haïku, elle représente le développement spirituel d’Elisabeth, dans toute sa beauté et sa complexité.
D’après ce que nous savons, Elisabeth a grandi dans une famille catholique typique. Même ses premiers écrits expriment une profondeur spirituelle bien au-delà de son âge. Mais, soudain enfermée dans un foyer et une communauté intellectuelle activement hostiles à l’Eglise, même la foi d’Elisabeth a faibli. Dépourvue de soutien, elle a dérivé. Félix, sachant que sa femme était extrêmement intelligente, a sans relâche fait appel à cette intelligence alors qu’il cherchait à « libérer » Elisabeth de la foi.

Penser est beau
Cependant en fin de compte, c’est grâce a sa rigueur intellectuelle que sa foi renaît. Comme Elisabeth l’a écrit dans l’introduction de son deuxième journal, « l’action lente et silencieuse de la Providence en moi et pour moi ; cette œuvre admirable de la conversion intérieure, […] parfois au moyen de ce qui aurait dû m’enlever toute foi religieuse » (Journal et Pensées de Chaque Jour)
Je déplore le fait qu’elle n’ait jamais développé ce point, alors que les forces « logiques » de la société moderne qui cherchent à nous éloigner de Dieu semblent plus puissantes que jamais. Malgré cela, le fait que Dieu ait ré-ouvert le cœur d’Elisabeth à la grâce a travers ses lectures et ses recherches, me donne, et j’imagine donne à tous ceux qui ont jamais été touchés par les écrits d’Elisabeth, la force de persévérer pour partager son message. Les mots sont importants.

Prier est mieux
Une fois que l’on a accueilli Dieu dans son cœur, la force de Sa grâce s’enracine et mène à des lieux où l’intelligence seule ne peut vous conduire. Elisabeth se rappelle une merveilleuse après-midi à la Basilique Saint-Pierre à Rome en avril 1903 :
« Ces instants-là ont été pleinement, surnaturellement heureux. J’ai senti vivre en moi, présent et m’apportant un amour ineffable, le Christ béni, Dieu même ; cette âme incomparable a parlé à la mienne, et toute la tendresse infinie du Sauveur a passé un instant en moi. Jamais cette trace divine ne s’effacera. Le Christ triomphant, le Verbe Eternel, Celui qui, homme, a souffert et aimé, le Dieu Un et Vivant, a pris possession de mon âme pour l’éternité en cette minute ineffaçable. » (Journal et Pensées de Chaque Jour)
Ainsi fortifiée, elle a consacré toute sa vie à Dieu, acceptant de plein gré les défis, les épreuves et les luttes d’une vie passée à discerner les appels de la Providence.

Aimer est tout
S’en remettre totalement à la volonté de Dieu est un moment de foi extraordinaire auquel la plupart d’entre nous aspirent, et pourtant ne l’atteindront jamais complètement. Mais pour Elisabeth, l’acte de soumission était le prélude à un saut encore plus grand : l’abandon. Elisabeth a écrit,  « Et hier matin, j’ai communié dans la même paix et le même abandon à Dieu. J’ai senti vraiment vivre en moi le Christ Jésus. » (Journal et Pensées de Chaque Jour)
Alors que les deux termes renoncement et abandon sont étroitement liés dans ce contexte spirituel, le renoncement implique une acceptation passive, plus calme, tandis que l’abandon évoque un engagement et une participation sans réserve. Il semble donc révélateur que dans ses écrits Journal et pensées de chaque jour, Elisabeth n’utilise « renoncement » que 19 fois, tandis qu’ « abandon » est employé 30 fois afin d’exprimer son engagement empressé et total à la volonté de Dieu.

Afin de ne pas perdre espoir au cours de notre propre voyage, je conclurai en notant que dans tous les écrits d’Elisabeth, les termes de renoncement et d’abandon sont beaucoup plus fréquents  au cours des trois dernières années de sa vie. Son parcours de foi, de l’intelligence à l’acceptation dans la prière jusqu’à l’abandon total, si magnifiquement décrit dans ses œuvres, aide continuellement à éclairer la voie qu’il nous est demandé de suivre.
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Joe MacNeil est professeur de chimie à l’Université de Chatham, trésorier du Cercle d’Amis d’Elisabeth Leseur et époux de Jennifer.
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Mai 2019 – Réflexion du mois par le père Ben Syberg

Il y a quelques années, Karen Feitl, l’une de nos adeptes très active aux États-Unis, a participé à une retraite prêchée par le père Ben Syberg qui, pendant ce week-end-là, a mis l’accent sur la vie et les écrits d’Elisabeth. Karen a récemment communiqué avec lui et lui a demandé d’écrire une réflexion pour nous.

« J’ai découvert Elisabeth à une époque où j’avais très certainement besoin d’elle. Après cinq ans au séminaire, Dieu m’envoie cette femme merveilleuse, ce trésor d’inspiration et de perspicacité. Quelques années plus tard, alors que je prêchais une retraite sur sa vie à une soixantaine de femmes catholiques, j’avais presque oublié à quel point Élisabeth m’avait inspiré. Puis, après avoir été prêtre pendant moins de deux ans, je l’ai retrouvée. J’ai besoin de la découvrir de plus en plus. Parce qu’elle ne m’a jamais laissé tomber.

Elle me garde sur le droit chemin. Sur toute la ligne. Car beaucoup de choses peuvent me déséquilibrer. Prenons l’exemple du monde. Quand le monde me semble trop moderne, trop changeant, trop rapide ou trop instruit, je me souviens qu’Élisabeth vivait au cœur d’une France laïque. C’est une sainte, et pourtant elle est née seulement soixante ans après la Révolution française. Dans ma vie, quand il semble que mes efforts ne suffisent pas, que je ne peux rien changer et qu’aucune de mes actions ne compte, je me souviens que Félix est devenu prêtre après la mort d’Elisabeth. Qui d’autre que lui avait tant de raisons d’abandonner, et pourtant davantage de raisons de louer la patience de Dieu ?

Quand je suis pris dans le tourbillon de mes propres succès, de mes dons et talents, quand je me sens au meilleur de ma forme et maître de la situation, je me rappelle les nombreux écrits d’Élisabeth sur la souffrance et la croix. Je me souviens qu’elle comprenait ce qui avait de l’importance. Néanmoins, lorsque je me sens submergé par la croix, la maladie, la faiblesse et les embûches de la vie, je me rappelle à quel point Elisabeth était joyeuse. Même si je me laisse entraîner dans la dépression et que je m’en veux pour cela, je me souviens qu’Elisabeth ressentait elle aussi cette tristesse de la vie. Elle connaissait ce vide profond. La dépression ne fait pas de nous un raté.

Quand je pense ne pas avoir de temps pour la famille, je me souviens de tout l’amour dont elle a comblé ses neveux et nièces. La famille était toujours au centre de sa vie. Quand je songe à notre pays et notre culture, et que je veux couper tous les liens et fuir, je me souviens qu’Elisabeth aimait sa patrie. Elle se sentait française jusqu’au plus profond de son âme. Quand je me dis qu’il n’est pas convenable de s’adonner aux frivolités, aux bonnes choses et aux joies de la vie, je me souviens qu’Elisabeth s’autorisait ces plaisirs. Donc je le peux aussi !

Oui, Elisabeth me met toujours sur le droit chemin. Un chemin que l’on prend rarement, mais qui s’ouvre juste devant moi. Je remercie Dieu qu’elle me montre encore la voie à suivre. »

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Le Père Ben Syberg est un prêtre de l’archidiocèse d’Indianapolis. Il est pasteur à l’église Saint Lawrence à Lawrenceburg, dans l’état de l’Indiana. Il fêtera son cinquième anniversaire en tant que prêtre cet été. Il aimerait bien être un saint, mais ne sait pas toujours comment se diriger dans cette voie.
Sa citation préférée d’Elisabeth est la suivante.
« Malgré ma répugnance naturelle, augmentée maintenant d’une douleur inconsolable, je ne dois pas céder à mon immense désir de repos et de recueillement. » (Journal du 17 octobre 1905)
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Avril 2019 – Réflexion du mois

Il y a quelques semaines, une femme française nous a contactés pour nous informer que dans plusieurs villes de France, de petits groupes de femmes se réunissaient en toute amitié pour invoquer l’intercession d’Elisabeth dans des mariages semblables à celui d’Elisabeth et de Félix, où l’un des époux est croyant et l’autre ne l’est pas. Elles offrent également des prières pour leurs familles et ceux qui ont des problèmes de santé. Karen Feitl (une de nos sympathisantes très active aux États-Unis) et moi-même avons discuté des moyens de nous unir à ces femmes malgré la distance qui nous sépare, et avons eu l’idée de demander à notre groupe Facebook de se joindre à nous chaque vendredi pour prier le chapelet pour la cause d’Elisabeth, pour des mariages solides, et pour les familles en général. Nous avons reçu une réponse très positive de la part du monde entier.
Si vous souhaitez nous rejoindre mais ne connaissez pas encore le compte Facebook, recherchez :
« Friends of Servant of God Elisabeth Leseur ».

Lorsque nous avons décidé de proposer le chapelet, je ne connaissais pas vraiment les citations ou pensées d’Elisabeth sur notre Sainte Mère. Je connais par cœur tant de citations d’Elisabeth sur la souffrance et son union au Christ, mais j’ai dû réfléchir pour trouver quelque chose sur la Vierge Marie. Alors, j’ai pensé au séjour d’Elisabeth à Lourdes et j’ai découvert ce paragraphe magnifique extrait d’une lettre à Sœur Goby après son voyage. J’apprécie énormément le fait qu’Elisabeth considère sa relation avec la Sainte Mère comme une relation entre mère et fille.

30 juin 1912
« Ma chère sœur et amie,
Durant notre séjour à Lourdes je n’ai pu vous envoyer qu’une rapide carte, mais j’avais la paisible certitude que vous ne doutiez pas de mon souvenir. Je vous ai portée avec moi à la Grotte bénie, près de Notre-Seigneur dans nos Communions, partout où j’ai prié, et on prie partout là-bas, vous le savez bien. Quels suaves moments j’ai passés dans cette douce cité de Marie, instants à jamais inoubliables et qui laissent une trace profonde dans l’âme et dans la vie ! Il me semble que j’aime mieux, plus « filialement » la Sainte Vierge, que j’ai un plus grand désir de servir le bon Maître, plus d’attrait aussi pour ces pauvres, ces malades tant aimés par Lui, une plus grande volonté de travailler au bien des âmes par la souffrance ou par l’action, selon que Dieu le voudra. »

Elisabeth Leseur : Lettres sur la souffrance

Mars 2019 – Réflexion du mois par Claude Menesguen

Lors de notre visite à Paris l’automne dernier, nous avons eu la chance de passer un après-midi avec Claude Menesguen et son fils Nicolas. Claude est l’auteur du livre Cent Pensés d’Elisabeth Leseur, et était l’un des orateurs principaux à la conférence de Saint-Germain-des-Prés le 16 Octobre 2018. L’un des meilleurs moments, outre le délicieux Saint Emilion servi au déjeuner, fut la visite de la magnifique Sainte-Chapelle. Nous sommes restés en contact avec Claude pendant ces derniers mois, en échangeant des courriers sur divers sujets, y compris le malaise social parisien. Nous avons demandé à Claude de bien vouloir écrire une réflexion que nous pourrions partager ce mois-ci.

ELISABETH LESEUR ET LA POLITIQUE
Claude Menesguen, janvier 2019
Le choix de cette thématique pour une femme dont la caractéristique principale est une spiritualité intense peut paraître insolite.
Au surplus, elle vivait à une époque où les femmes en France étaient systématiquement écartées de la politique.
La 3ème République refusa jusqu’à la fin du régime en 1940 de conférer le droit de vote aux femmes. Le XIXème siècle, à l’inverse du XVIIIème siècle, connut le triomphe du machisme.
En dépit de ce contexte défavorable, Elisabeth s’intéressa toujours aux questions politiques. Et l’on trouve dans ses récits la trace de ses opinions.
Intelligente, elle était incarnée dans son temps. De plus, par son mari, elle était proche des hommes de pouvoir et fort bien placée pour juger leurs idées et leurs actions.
C’est ainsi qu’alors que la majorité des catholiques pratiquants rêvaient d’un retour de la monarchie, elle comprit que la République était solidement installée dans le pays. Dans une lettre, elle se montre consternée à la sortie d’un dîner par la naïveté d’amis convaincus des chances de monter sur le trône d’un Bonaparte.
Elle adhère sans problème à la politique de ralliement à la République préconisée par le Pape Léon XIII.
Elle ne croit pas à l’éternité d’un gouvernement anticlérical :
« L’avenir sera ce que nous le ferons. »
De fait, dès la Guerre de 1914-1918, les gouvernements abandonnent leurs attitudes destructrices dans ce domaine.
Par ailleurs, sa connaissance de la misère la conduit – ce qui est rare chez les femmes de cette époque qui se cantonnaient dans des rôles de dames patronnesses – à attacher de l’importance à la question sociale.
« La question sociale est, par essence, la question chrétienne puisque c’est celle de la situation de chaque homme en ce monde, et de son amélioration matérielle, intellectuelle et morale. »
Connaissant bien les politiques, est-elle sans illusion sur la sincérité de leurs discours généreux ?
« Pensons moins à l’humanité et plus à l’homme. »
Les socialistes du moment ne trouvent pas grâce à ses yeux. Elle sait bien que leurs réalisations en France sont maigres, inférieures à celles que l’on pouvait observer dans l’Allemagne de Guillaume II.
« Le socialisme prétend assurer et transformer l’avenir, le christianisme transforme le présent. »
Le libéralisme ne la séduit pas non plus.
« Le matérialisme pratique est aussi dangereux que le matérialisme philosophique. Il envahit chaque jour les masses et, par le jeu des instincts mauvais, il s’installe dans notre démocratie. »
Là aussi elle se révèle prophétique. Elle précède d’un siècle la critique de l’Occident par Alexandre Soljenitsyne.
« Le système occidental est dans un état d’épuisement spirituel. »
Pour conclure, je dirais que le texte qui exprime le mieux l’état d’esprit politique d’Elisabeth Leseur est le plus court :
« Je suis anti-anti. »
J’avoue que cette sentence me sert souvent de grille de jugement des discours des politiciens.
Ecrite au moment de l’Affaire Dreyfus où en France tout le monde est anti : antisémite, anticlérical, antirépublicain, antimilitariste, etc., elle conserve une valeur perpétuelle.

Février 2019 – Réflexion du mois

13 novembre 1905
« Inquiétudes, souvenirs douloureux, atmosphère d’incrédulité, d’indifférence ou de mépris, sentiment pénible de ne pouvoir faire connaître ni son âme ni son Dieu, tout cela après m’avoir abattue et jetée sur le sol, meurtrie comme le doux Sauveur, tout cela s’achève en un acte d’humble foi, d’amour, d’acceptation et en une résolution nouvelle d’être plus vaillante, de m’établir dans la paix et de subir les froissements sans révéler la souffrance qu’ils m’apportent. Je dois être pour Félix plus égale d’humeur, plus véritablement forte ; pour ma chère maman, plus tendre et attentive ; pour tous, bienveillante et oublieuse de moi. Ma faiblesse est bien grande ; je viens encore d’en faire l’expérience, mais c’est le cas de dire avec saint Paul : « Je puis tout en Celui qui me fortifie. »
Mon bien-aimé Félix a des soucis, maman une immense douleur ; leurs âmes chéries ont besoin de la mienne ou plutôt, — car les âmes n’ont besoin que de Dieu, —je peux obtenir pour elles, par mes souffrances et mes sacrifices, la transformation et la vie. N’est-ce pas une tâche capable de me faire sacrifier le « moi haïssable » et tout ce qui atteint ce moi et le blesse ? Mon Dieu, aidez celle qui, malgré ses fautes, désire par-dessus tout Vous faire connaître et aimer. »

Elisabeth Leseur : Journal et Pensées de Chaque jour, J. de Gigord, 1920

Janvier  2019 – Réflexion du mois par Jennifer MacNeil

Quelques jours avant Noël, j’ai eu moi-même la chance de passer du temps avec Sœur Janet Ruffing, une sœur de la Miséricorde et auteure du livre Elisabeth Leseur : Selected Writings (D’après les écrits d’Elisabeth Leseur : Lettres sur la Souffrance – Correspondance avec Sœur Marie Goby). Sœur Janet était à Pittsburgh pour se joindre aux sœurs de la Miséricorde latino-américaines et commémorer 175 ans de mission aux États-Unis. Ce fut une expérience merveilleuse de rencontrer la femme dont le livre sur Elisabeth a eu une telle influence sur ma vie. Le livre de Sœur Janet a permis de présenter la spiritualité d’Elisabeth à toute une nouvelle génération.
Pour la réflexion de janvier, j’ai sélectionné un extrait de l’une de mes lettres préférées entre Elisabeth et Sœur Marie Goby, lettre incluse dans le livre de Sœur Janet. Les mots d’Elisabeth m’aident à me rappeler à quel point nous sommes tous connectés dans la prière et œuvrons par l’intermédiaire de notre « Maître adoré ».

12 janvier 1912
« Il me semble que depuis si longtemps je n’ai causé avec vous, ma chère petite sœur, que je ne veux pas continuer cette involontaire mortification. Jamais nous ne sommes séparées puisque nous vivons et agissons pour le même Maître adoré, que nous nous retrouvons auprès de Lui soit au Tabernacle, soit aux heures de prière et de recueillement ; mais je n’en trouve pas moins une grande douceur, plus encore : un vrai réconfort à venir reposer parfois mon cœur près du votre, abriter mon âme à l’ombre de votre chère âme.
[…] 
N’est-ce pas qu’il est doux de se sentir entourée, enveloppée par cet immense Amour divin, de comprendre que le Père plein de bonté nous entraîne peu à peu vers les rivages éternels, d’en respirer parfois de loin les vivifiantes senteurs, et puis si la route se fait plus rude, si le Guide se voile à nos yeux, de nous abandonner, comme des aveugles spirituelles, à sa tendre direction, sans chercher à pénétrer ce qu’Il nous cache et attendant dans l’oubli de nous et le sacrifice l’heure où sa chère présence se fera sentir de nouveau ? Après tout la terre n’est pas le Ciel et si nous ne possédions toujours les consolations surnaturelles elle y ressemblerait fort. Nous avons la grâce ; elle nous suffit pour attendre les joies de la Patrie désirée. »

Lettres sur la Souffrance (Les Editions du Cerf, 2012, p. 123)

(2018) Réflexion du mois

(2017) Réflexion du mois