Janvier  2019 – Réflexion du mois par Jennifer MacNeil

Quelques jours avant Noël, j’ai eu moi-même la chance de passer du temps avec Sœur Janet Ruffing, une sœur de la Miséricorde et auteure du livre Elisabeth Leseur : Selected Writings (D’après les écrits d’Elisabeth Leseur : Lettres sur la Souffrance – Correspondance avec Sœur Marie Goby). Sœur Janet était à Pittsburgh pour se joindre aux sœurs de la Miséricorde latino-américaines et commémorer 175 ans de mission aux États-Unis. Ce fut une expérience merveilleuse de rencontrer la femme dont le livre sur Elisabeth a eu une telle influence sur ma vie. Le livre de Sœur Janet a permis de présenter la spiritualité d’Elisabeth à toute une nouvelle génération.
Pour la réflexion de janvier, j’ai sélectionné un extrait de l’une de mes lettres préférées entre Elisabeth et Sœur Marie Goby, lettre incluse dans le livre de Sœur Janet. Les mots d’Elisabeth m’aident à me rappeler à quel point nous sommes tous connectés dans la prière et œuvrons par l’intermédiaire de notre « Maître adoré ».

12 janvier 1912
« Il me semble que depuis si longtemps je n’ai causé avec vous, ma chère petite sœur, que je ne veux pas continuer cette involontaire mortification. Jamais nous ne sommes séparées puisque nous vivons et agissons pour le même Maître adoré, que nous nous retrouvons auprès de Lui soit au Tabernacle, soit aux heures de prière et de recueillement ; mais je n’en trouve pas moins une grande douceur, plus encore : un vrai réconfort à venir reposer parfois mon cœur près du votre, abriter mon âme à l’ombre de votre chère âme.
[…] 
N’est-ce pas qu’il est doux de se sentir entourée, enveloppée par cet immense Amour divin, de comprendre que le Père plein de bonté nous entraîne peu à peu vers les rivages éternels, d’en respirer parfois de loin les vivifiantes senteurs, et puis si la route se fait plus rude, si le Guide se voile à nos yeux, de nous abandonner, comme des aveugles spirituelles, à sa tendre direction, sans chercher à pénétrer ce qu’Il nous cache et attendant dans l’oubli de nous et le sacrifice l’heure où sa chère présence se fera sentir de nouveau ? Après tout la terre n’est pas le Ciel et si nous ne possédions toujours les consolations surnaturelles elle y ressemblerait fort. Nous avons la grâce ; elle nous suffit pour attendre les joies de la Patrie désirée. »

Lettres sur la Souffrance (Les Editions du Cerf, 2012, p. 123)

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